Ben Aston est rejoint par Todd Sarouhan, propriétaire de GoVisitSanDiego.com. Todd vit à San Diego depuis 25 ans. Il a une profonde passion pour la région et tout ce qu’elle a à offrir, tant aux habitants qu’aux touristes. Écoutez pour découvrir comment créer du contenu engageant que les utilisateurs adorent vraiment.
Moments forts de l’interview :
- Todd Sarouhan est un champion du marketing de destination. Il est le fondateur de Delfina Travel Group et a su percer le secret de la création de contenu engageant pour le marketing de destinations. Il a lancé avec succès, développé puis consolidé Go Visit Costa Rica. C’était il y a 18 ans, au début des années 2000. Et pour prouver à tout le monde qu’il sait ce qu’il fait, il l’a refait. Vous pouvez consulter GoVisitSanDiego.com et voir comment il a remis ça une seconde fois. [0:28]
- Todd est allé à l’université et a obtenu son diplôme en 1998. Il a étudié la chimie, mais après les trois quarts de ses études, il a compris que ce n’était pas ce qu’il voulait faire. Il a donc fini son diplôme puis a décidé de partir en sac à dos en Amérique du Sud. [1:27]
- Todd s’est retrouvé dans l’univers des sites de voyage et a décidé de créer le sien pour le Costa Rica puisqu’il y avait passé pas mal de temps. Avant son voyage de sac à dos d’un an et demi, il avait fait des études à l’étranger au Costa Rica pendant l’université. [2:08]
J’adore voyager et j’adore partager mes histoires avec tout le monde, et quel meilleur moyen de le faire qu’en ligne.
Todd Sarouhan
- Le site Go Visit Costa Rica est en ligne depuis 18 ans. C’est aujourd’hui l’un des meilleurs sites au Costa Rica. [4:04]
- La diversification est extrêmement nécessaire. Le site de Todd a été affecté par plusieurs mises à jour d’algorithme au fil des ans, dont Panda. Ils ont perdu beaucoup de trafic, donc la diversification est cruciale. [4:41]
- Todd a commencé à construire Go Visit Costa Rica en 2002. Ils avaient une petite équipe, donc ils devaient automatiser les choses. Sur Go Visit Costa Rica, il y a eu beaucoup d’apprentissage, de nombreux faux pas. Avec Go Visit San Diego, ils ont rassemblé tout ce qu’ils avaient appris en un seul gros projet. Il leur a fallu un an et quatre mois pour véritablement lancer le site. [5:56]
- Go Visit Costa Rica a été construit à partir de zéro. En 2002, la technologie était très différente de celle d’aujourd’hui, alors ils ont choisi de construire un site en .net et de développer leur propre CMS sur mesure. Ils voulaient s’assurer que les personnes qui ajoutaient du contenu sur le site puissent le faire facilement et efficacement. [7:04]
- Dès le premier jour, ils ont commencé à planifier le contenu. Le contenu publié à ce jour représente environ 500 pages sur le site. Leur moyenne de mots par page est d’environ 1700 mots. [8:12]
- Todd a lancé Go Visit San Diego en janvier 2020. Il a assuré toute la programmation et le codage du site. [9:20]
- La plus grosse erreur de Todd, en termes de contenu, est qu’une entreprise externe avait rédigé certains articles. Todd leur a donné très peu d’indications sur la façon de rédiger les articles, donc ils vont réécrire certains contenus sur les hôtels pour les amener au même niveau que le reste du site. [10:34]
- Une des offres proposées sur le site de Todd concerne les hôtels. Il y a environ 230 pages dédiées aux hôtels sur leur site. Il existe aussi des pages où les gens peuvent réserver des excursions, une leçon de surf, louer du matériel, et d’autres choses du genre. Ils proposent également des informations sur les Go Passes, des pass qui permettent d’accéder à des attractions comme SeaWorld, des zoos, des musées, des cours de surf, et tout un tas de choses à visiter. [17:09]
- Au fil des ans avec Go Visit Costa Rica, Todd a travaillé avec de nombreux rédacteurs différents, sans jamais vraiment leur donner d’indications claires. Pour Go Visit San Diego, leur approche axée entièrement sur le contenu était essentielle afin de s’assurer que le contenu s’intègre dans leur CMS. [18:53]
Même si vous avez un rédacteur moyen, vous ferez de lui un bon rédacteur simplement en lui expliquant clairement ce que vous attendez de lui.
Todd Sarouhan
- Deux outils dans la boîte à outils de Todd sont Ahrefs et MarketMuse. [26:06]
- Un autre outil que Todd utilise est Screaming Frog. Il sert à identifier les problèmes du site, comme les images cassées, les liens brisés, ou les pages 404. [28:00]
Créer son propre site, c’est tout simplement mieux. On peut faire exactement ce que l’on veut. On n’a pas besoin de dépendre de plugins ou d’éléments du genre.
Todd Sarouhan
- Todd et son équipe ajoutent encore chaque mois du nouveau contenu sur le site. Mais leur grand projet à venir est une toute nouvelle partie cartographique personnalisée qui sera intégrée sur la plupart des pages du site. [30:07]
- Todd a mis 18 ans à lancer son deuxième site, qui est Go Visit San Diego. Son prochain objectif est de lancer son troisième site en 2 ans ou un an et demi. [35:42]
- La partie la plus difficile du travail de Todd est d’essayer de trouver des collaborateurs. Il est doué pour gérer les gens, mais il a eu du mal à déléguer certaines tâches à d’autres afin qu’ils puissent les accomplir un peu plus rapidement. [36:59]
- L’habitude personnelle de Todd qui a le plus contribué à son succès au cours des vingt dernières années est de rester concentré. [37:44]
- Le livre recommandé par Todd s’appelle, “Making Websites Win : appliquer la méthodologie centrée sur le client qui a doublé les ventes de nombreux sites de premier plan“. [38:43]
- Le conseil de Todd pour quelqu’un qui débute dans les médias numériques est d’avoir de la passion dans ce qu’il ou elle choisit. [39:45]
Ce qui a vraiment fonctionné, je pense, c’est d’avoir de la passion pour ce que l’on choisit. Si vous n’aimez pas vraiment cela, vous n’allez pas durer très longtemps.
Todd Sarouhan
Biographie de l’invité :
Todd a fondé Go Visit San Diego avec la mission de connecter les voyageurs à différentes destinations ainsi qu’entre eux. Voyageur passionné, Todd vit à San Diego depuis 25 ans. Il a une grande passion pour la région et tout ce qu’elle offre, tant aux habitants qu’aux touristes. Cela l’a poussé à créer ce site comme ressource pour ceux qui souhaitent explorer la ville qu’il considère comme chez lui et découvrir ses nombreuses attractions.
Go Visit San Diego est né d’un amour pour le voyage, qui avait déjà inspiré auparavant la création du site jumeau Go Visit Costa Rica. Avec l’équipe de Go Visit Costa Rica, Todd a créé un site de voyage de longue date, ce qui a suscité son intérêt pour créer un site similaire dédié à sa ville d’adoption actuelle, San Diego, en Californie.

Je veux avoir un portefeuille de sites de voyage sur des destinations que j’adore, car il faut avoir la passion. On ne peut pas simplement lancer un site sur un endroit où l’on n’est jamais allé.
Todd Sarouhan
Ressources de cet épisode :
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Articles et podcasts associés :
- Épisode d’introduction : Bienvenue sur l’Indie Media Club
- Podcast : Comment monétiser efficacement et durablement votre média (avec Brian Morrissey, ancien rédacteur en chef de Digiday)
- Podcast : Comment optimiser vos anciens contenus pour générer plus de trafic sur votre site (avec Bjork Ostrom de TinyBit)
- Podcast : Comment créer des contenus attractifs, partageables et engageants (avec Nick Routley de Visual Capitalist)
- À propos du podcast Indie Media Club
Lisez la transcription :
Nous expérimentons la transcription de nos podcasts à l’aide d’un logiciel. Veuillez nous excuser pour toute faute de frappe, le robot n’étant pas correct à 100% du temps.
Ben Aston
Bienvenue sur le podcast Indie Media Club. Je suis Ben Aston, fondateur de l’Indie Media Club. Nous avons pour mission d’aider les entrepreneurs indépendants des médias, auto-financés, à réussir — aider ceux qui créent, promeuvent et monétisent leur contenu, à le faire mieux. Allez sur indiemedia.club pour en savoir plus.
Aujourd’hui, je suis accompagné de Todd Sarouhan. C’est un expert en marketing de destinations, fondateur du Delfina Travel Group, qui a percé le secret pour créer du contenu captivant dans le secteur du marketing de destination. Il a lancé, développé puis fait évoluer le site Go Visit Costa Rica. C’était il y a 18 ans, au début des années 2000. Et pour prouver à tous qu’il sait ce qu’il fait, il l’a refait une seconde fois. Allez voir GoVisitSanDiego.com pour constater comment il a réussi une seconde fois.
Alors, continuez à écouter ce podcast pour découvrir comment créer un contenu captivant que les utilisateurs adorent vraiment.
Salut Todd, merci beaucoup d’être avec nous aujourd’hui.
Todd Sarouhan
Avec plaisir. Merci de m’avoir invité.
Ben Aston
Je suis curieux, je consultais ton profil, je t’ai un peu stalké sur LinkedIn avant notre entretien et je regarde toujours ce que les gens ont étudié à l’université. Tu as étudié la chimie, et je suis vraiment curieux de savoir comment tu es passé d’un diplôme en chimie à devenir entrepreneur sur Internet.
Qu’est-ce qui s’est passé ? Raconte-moi ton parcours.
Todd Sarouhan
Quand je suis allé à la fac, j’ai eu mon diplôme en 1998 et Internet débutait tout juste, donc ce n’était clairement pas une voie à l’époque. J’ai étudié la chimie et, à trois quarts du cursus, je me suis rendu compte que ce n’était pas du tout ce que je voulais faire. J’ai terminé mon diplôme puis, ne sachant pas quoi faire, j’ai décidé de partir en sac à dos.
Je suis parti en Amérique du Sud, je suis resté parti environ un an et demi. Je ne suis rentré que deux fois, une fois pour un mariage, le mien, et une autre fois pour Noël en famille. C’était vraiment génial. Même en rentrant, je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. Après un an et demi de voyage, j’avais appris plein de choses.
Mais je suis tombé un peu par hasard dans l’univers des sites de voyage et je l’ai appliqué au Costa Rica puisqu’y j’avais passé pas mal de temps. Avant l’année et demie, j’avais fait un programme d’échange au Costa Rica pendant mes études et j’y étais déjà allé trois ou quatre fois. Tout ça a évolué naturellement, c’est marrant comme la vie parfois fonctionne, je n’aurais jamais imaginé que voyager deviendrait ma carrière professionnelle.
Ben Aston
Oui. Qu’est-ce qui t’a particulièrement attiré vers le Costa Rica ?
Todd Sarouhan
J’y suis allé en programme d’échange sans rien connaître du Costa Rica en 1995. À l’époque, c’était assez méconnu. Les forêts, les images… J’ai grandi dans le sud de la Californie, on n’a pas ce genre de paysages. C’est ce qui m’a attiré au départ. Et puis, une fois sur place, j’ai ouvert les yeux, j’ai compris qu’il y avait tout un monde à découvrir et que les langues, ça compte, comme mon espagnol niveau lycée qui ne me servait à rien à l’époque, mais aujourd’hui, je le parle couramment. Voyager, en général, est une expérience incroyable, c’est ce qui m’a motivé pour tout le reste de ma carrière.
Ben Aston
Génial. Donc tu es passé du voyage au fait d’écrire sur des destinations, et en particulier le Costa Rica. Mais pour comprendre ton « pourquoi », ce qui te motive, quel problème résous-tu ? Est-ce plus pour favoriser ce style de vie nomade ?
Qu’est-ce qui te motive chaque matin ? Parce que tu n’es plus au Costa Rica, quel est ton « pourquoi » ?
Todd Sarouhan
Je voyage toujours beaucoup, au Costa Rica aussi. On a une équipe là-bas, donc ça reste très présent. Mais dans l’ensemble, j’adore voyager et partager mes histoires, et quoi de mieux que le web pour ça ? On peut toucher littéralement des millions de personnes.
Notre site sur le Costa Rica existe depuis 18 ans. J’ignore combien de trafic total on a eu, mais c’est énorme. Nous sommes un des sites leaders sur le pays maintenant. Cela nous permet de raconter notre histoire, de faire découvrir le monde et différentes cultures. C’est vraiment ça, mon pourquoi.
Ben Aston
Super. Et tu es passé d’un premier site, Go Visit Costa Rica, à désormais Go Visit San Diego. Parle-nous de cette diversification et de ce qui t’a poussé à changer de cap.
Todd Sarouhan
Il y a plusieurs raisons — la diversification, c’est indispensable et je l’ai compris à mes dépens.
Notre site a été touché par différentes mises à jour d’algorithmes, comme Panda par exemple. On a perdu beaucoup de trafic. Si on a plusieurs propriétés, même si ce n’est pas impossible de tout perdre en même temps, le risque est moindre. Donc la diversification, c’est essentiel. Puis, après 18 ans à gérer un site, même sur un pays aussi génial que le Costa Rica, ça peut devenir routinier.
J’adore le Costa Rica, mais même là, au bout de 18 ans… Donc avoir une nouvelle destination a réveillé ma passion, et comme j’habite à San Diego, c’était naturel.
Ben Aston
Super. Quand tu compares le lancement de Go Visit San Diego avec celui de Go Visit Costa Rica, qu’est-ce qui a changé dans ta manière d’aborder la création ?
Todd Sarouhan
C’est le jour et la nuit. En 2002, quand j’ai commencé Go Visit Costa Rica, je ne savais rien du marketing digital, ni de l’automatisation, rien de tout ça, alors qu’aujourd’hui tout tourne autour de l’automatisation sur le site. On est une petite équipe, on vient de s’agrandir, mais on reste réduit.
On a dû automatiser les choses, mais sur Costa Rica, j’ai beaucoup appris, fait des erreurs, tenté des trucs techniquement qui n’ont pas toujours fonctionné. Pour San Diego, on a pris tout ce qu’on a appris, on a intégré tout ça d’un coup dès le lancement. Le processus était tout de même difficile : il a fallu un an et quatre mois pour lancer le site.
Ben Aston
Peux-tu résumer ce processus, cette année et quatre mois ? Que s’est-il passé, étape par étape, et pourquoi cela a-t-il pris autant de temps ?
Todd Sarouhan
On voulait tout reconstruire de zéro. Go Visit Costa Rica aussi avait été fait de zéro mais la technologie de 2002 n’est pas celle d’aujourd’hui. On a décidé de faire le site en .net, donc tout était à refaire, tout était personnalisé, jusqu’au CMS.
On voulait que les personnes qui entrent du contenu puissent le faire facilement et efficacement. Si ce n’est pas bien pensé, tout peut être long. On a réfléchi à tous ces aspects, mais aussi aux CDNs et aux formats d’images (WebP, JPEG…), des choses qui n’existaient pas en 2002 et qui facilitent la vie aujourd’hui. Il y a des milliers de détails.
Dès le départ, on a planifié le contenu. À la mise en ligne, il y avait environ 500 pages avec une longueur moyenne de 1700 mots par page ! Il fallait non seulement du texte, mais aussi des images et des vidéos. Je ne suis pas écrivain, mais j’ai été impliqué à fond dans la stratégie, la création de briefs (on en parlera plus tard) pour que nos rédacteurs réussissent. On voulait éviter de renvoyer des articles. On voulait obtenir exactement ce que nous recherchions. On a aussi passé beaucoup de temps sur le design des pages, l’ergonomie et la rapidité du site.
Ben Aston
Donc au début du projet, avais-tu prévu un plan du type « Mois 1 à 3 on fait la stratégie de contenu », « Mois 3 à 6 le développement du backend », ou était-ce plus organique ?
Todd Sarouhan
On avait un plan, mais honnêtement, j’ai commencé en janvier 2020, juste avant la pandémie, et j’étais complètement irréaliste en pensant pouvoir lancer le tout en quatre mois. Même sans écrire le contenu en quatre mois !
Mais le lancement a sans cesse été repoussé. Ce que je croyais être une tâche de quelques heures prenait parfois une semaine. On a dû relire tout le contenu, ce qui a pris un temps fou.
J’ai fait moi-même la programmation du site. Ce n’est pas que c’était fou, mais il y a beaucoup de détails. Il faut que tout marche sur tous les appareils, que la navigation soit fluide… C’était une grosse courbe d’apprentissage.
Ben Aston
Dans ce processus de création d’un nouveau site, peux-tu partager ta plus grosse bourde, même après vingt ans d’expérience ?
Todd Sarouhan
Côté contenu, on a commencé par les hôtels, on a lancé avec environ 180 établissements.
On a confié cela à une agence, mais je leur ai donné très peu de directives : juste trois sections à remplir, et un thème par section. Ce n’était pas assez détaillé pour les rédacteurs, et donc pour certains hôtels, il faudra réécrire pour les mettre au niveau du reste du site. On s’en est rendu compte au bout de 120 hôtels écrits.
Ben Aston
Ça a dû coûter beaucoup de temps et d’argent aussi.
Todd Sarouhan
Exact. Oui, cela a un coût.
Ben Aston
J’aimerais maintenant qu’on parle de la création de contenu captivant qui résonne vraiment auprès des utilisateurs.
Peux-tu nous donner ta philosophie globale : c’est quoi pour toi un contenu engageant ? Quelles sont les caractéristiques du contenu auquel les gens répondent positivement et qui génèrent de la fidélité, du temps passé, du clic, une baisse du taux de rebond ?
Est-ce ça pour toi « engageant », ou as-tu une autre idée ?
Todd Sarouhan
Dès le départ, on a choisi de ne pas se contenter d’un simple modèle à appliquer à tout le contenu. Nous avons observé chaque contenu, que ce soit une page plage ou quartier, et déterminé ce qui convenait le mieux.
Sur une page quartier, par exemple, il y aura sept rubriques : présentation, choses à faire, astuces, parking, accès, etc. On a défini des modèles pour chaque type de page, soit environ 15 à 20 modèles qu’on a designés ensuite. On a laissé peu de place au designer pour se tromper !
On a adopté une démarche « mobile first », mais aussi « contenu d’abord ». Le contenu doit vraiment s’intégrer dans le site, ce qui le rend lisible, facilement compréhensible, par blocs. Au final, on cherche à offrir ce que le voyageur recherche.
Ben Aston
Et comment sais-tu ce que cherche le voyageur ?
Todd Sarouhan
On est dans le voyage depuis longtemps. Pour le Costa Rica, on a vu ce qui fonctionnait, quels contenus avaient le plus de temps de lecture, etc. On s’est beaucoup inspiré du site Costa Rica pour l’architecture du site San Diego et les contenus qui marchaient. Certains pans du site Costa Rica fonctionnent moins bien, mais c’est impossible à corriger sans tout refaire.
Ben Aston
D’accord. Donc pour créer ce contenu engageant, tu t’inspires beaucoup des réussites précédentes, tu construis autour de l’ergonomie, de la simplicité, du contenu en lui-même.
Mais concernant le contenu sur la page, celui qui garde l’utilisateur et le fait cliquer… Comment fais-tu pour garantir cette qualité ? Quelle est ta méthode, ton plan ?
Todd Sarouhan
On a commencé par découper le contenu en sections : ce modèle aura six parties, tel autre huit.
Puis on a designé l’intégration avec des widgets entre les sections : images, hôtels en vedette, activités, carte, etc. On a environ une quinzaine de widgets que l’on place selon la page. Par exemple, sur une plage, on mettra des hôtels à proximité, des activités ou une carte qui montre où on est. Ainsi, on évite un « mur de texte », on rompt la monotonie, tout en ayant une navigation latérale à gauche qui scrolle avec l’utilisateur, mettant en évidence la section courante (« Présentation », « Infos pratiques », etc.), ce qui oriente l’usager.
Beaucoup de pages dépassent 2000 mots, ce qui fait des pages longues, même sur mobile. On veut donc engager l’utilisateur, clarifier sa position sur la page, l’aider à découvrir ce qu’il peut faire, comment y accéder, etc.
Ben Aston
Côté monétisation, peux-tu m’expliquer comment vous gagnez de l’argent ? Principalement par l’affiliation sur les hôtels ? Les attractions ? Tu as mentionné le pass… Peux-tu détailler ton modèle de monétisation et le lien avec l’engagement utilisateur, puisqu’au final tu veux à la fois aider l’utilisateur et le faire passer à l’action ?
Comment combines-tu ces deux aspects ?
Todd Sarouhan
Lorsqu’ils préparent leur voyage, les gens ont besoin d’informations sur la destination — c’est là qu’intervient notre site, puis d’hébergements et de suggestions adaptées.
Beaucoup ne savent pas où loger, ou connaissent juste le type d’hôtel recherché sans savoir dans quel quartier, donc on propose environ 230 pages dédiées aux hôtels. On a des pages détaillées pour chaque établissement (exemple : Hotel del Coronado), écrites par nos soins, avec nos photos ou celles offertes par les hôtels. Et, évidemment, nous sommes rémunérés lorsqu’un internaute réserve via notre site. Nous proposons aussi des excursions, des cours de surf, de la location de matériel, etc.
On propose également le Go Pass — un pass disponible dans les grandes villes du monde, dont San Diego, valable 1 à 5 jours, qui donne accès à SeaWorld, au zoo, aux musées, à des leçons de surf... On le met beaucoup en avant. Par la suite, on intégrera de la publicité display dès que le trafic le permettra.
Ben Aston
En ce qui concerne la création du contenu, comment as-tu organisé les briefings rédactionnels ? Tu faisais allusion plus tôt à des briefs très légers, puis à une évolution vers des briefs plus détaillés. Expliques-nous comment tu prépares ces briefs et ce qui fait un bon brief pour un rédacteur.
Todd Sarouhan
Pendant des années avec Costa Rica, j’ai collaboré avec de nombreux rédacteurs sans jamais donner de directives claires — juste le sujet et le nombre de mots. Ce n’est pas suffisant, donc les contenus reçus était parfois bons, parfois très mauvais, mal structurés, pas au bon format, ou mal adaptés au site. Or, pour San Diego, le système reposait sur des sections — chaque page nécessitait de saisir le contenu par section (pour pouvoir placer les widgets entre chaque). D’où la nécessité que chaque section soit conforme, thématique, constante, pour que l’utilisateur sache quoi trouver (conseils, parking, etc.) à un emplacement précis sur chaque page.
D’où l’utilisation de briefs ultra-détaillés, ce que peu de monde fait. Mais ce niveau de détail permet de transformer un rédacteur moyen en bon rédacteur, rien que parce qu’il sait ce qu’on attend.
Ben Aston
Quels éléments inclus-tu dans ces briefs ? Indique-tu les sections, les sujets à aborder, les mots-clés à placer, le niveau de détail ?
Todd Sarouhan
On prépare le brief par section et non par page. Pour les pages « parcs et nature », on a un brief pour la section (exemples : introduction au parc, histoire, types de nature à observer, ce qui fait la réputation de l’endroit, activités à faire, accès, astuces « À savoir avant de venir », parking pour certaines pages).
On indique même le nombre de mots attendus par section. Puis, on ajoute deux ou trois indications supplémentaires par section, par exemple sur des points à aborder dans l’introduction ou l’histoire. On ne donne pas encore de mots-clés à ce stade. Pour les pages à fort volume, on utilise MarketMuse, qui fournit un niveau de détail extrême sur la structure, les mots à mentionner, etc.
Mais ça, c’est un « plus » ajouté au brief, lequel reste la base.
Ben Aston
Donc tu prédéfini section par section le contenu à inclure, ce qui permet aux rédacteurs de savoir quoi faire, à toi de recevoir ce que tu attends, et à l’intégration technique de fonctionner. Une fois ces centaines de pages, chacune en plusieurs sections, comment as-tu géré la logistique de tous ces contenus, parfois écrits par des personnes différentes ?
Todd Sarouhan
On relisait tout le contenu — heureusement, on avait peu de corrections à faire grâce au niveau de détail des briefs. C’était vraiment du haut niveau. Quand on ajoute MarketMuse par-dessus, ça devient quasi infaillible pour l’article, ce qui nous permet même de repérer des angles auxquels on n’avait pas pensé en premier lieu.
Ben Aston
Et pour les visuels, étaient-ils intégrés au brief, comment t’y prenais-tu pour choisir des illustrations impactantes qui dynamisent et séquencent la lecture ?
Todd Sarouhan
Oui, j’avais tout planifié dans un tableau, pas en version graphique, mais en feuille de calcul, en listant chaque section et, entre elles, en ajoutant (selon le type de page) : mise en avant d’un hôtel, image principale, sélection d’activités populaires, Go Card… Cela dépend du type de page et de ce que les visiteurs recherchent. Sur « Parcs & Nature », on privilégie les excursions ; sur d’autres, les hôtels. Il y a une quinzaine à vingt widgets possibles. C’est long à mettre en place, mais le résultat en vaut la peine pour l’ergonomie.
Ben Aston
Tu as mentionné MarketMuse. Quels autres outils utilises-tu pour créer et optimiser le contenu ? Quel est ton kit d’outils ?
Todd Sarouhan
Depuis le lancement, on utilise Ahrefs, sur lequel je me repose assez fortement. MarketMuse reste primordial avec diverses fonctionnalités. C’est cher, mais cela vaut l’investissement.
Ben Aston
Quelles fonctionnalités de MarketMuse sont les plus utiles selon toi ?
Todd Sarouhan
Leur module de « briefs » est super : tu entres la thématique (par exemple, San Diego Zoo) et tu reçois le plan du contenu, avec titre, H2, thèmes à aborder, suggestions de mots à placer, répartition de la longueur, tout. Avec ça, un rédacteur et le brief, on a des articles qui tiennent la route. Après le lancement, MarketMuse indexe ton site et montre quelles pages prennent de l’autorité thématique, ce qui facilite le choix des axes à développer.
Ben Aston
Cool.
Todd Sarouhan
Et un clin d’œil à Jeff Coyle là-dessus. Il est top.
Ben Aston
Donc tu utilises MarketMuse pour l’optimisation de contenu et Ahrefs pour le suivi et la recherche de mots-clés. D’autres outils en phase de création ?
Todd Sarouhan
Oui, j’utilise Screaming Frog, mais c’est surtout pour détecter les problèmes techniques : images cassées, liens morts, 404, erreurs internes, etc. Je veux vraiment un site nickel, sans liens cassés. Évidemment, Google Search Console et Analytics aussi.
Ben Aston
Je reviens à la technique : tu as développé ton propre CMS en .net plutôt qu’utiliser WordPress. Pourquoi ce choix ?
Todd Sarouhan
Je n’aime pas WordPress ni les autres CMS de ce type (Drupal…) car ils sont prévus pour des millions de sites, donc surdimensionnés pour n’importe quel site individuel : trop de modules inutilisés, etc. La vitesse est cruciale pour moi (et pour le SEO aujourd’hui), et en tant que développeur, faire son propre système permet d’avoir exactement ce qu’on veut, sans dépendre des plugins, et avec une meilleure sécurité, car le code n’est pas ouvert à tous contrairement à WordPress.
Ben Aston
Intéressant. À présent, quelle est la feuille de route pour Go Visit San Diego, après le lancement massif de contenu ? Où veux-tu l’amener dans un an, cinq ans ? Quels sont tes objectifs ?
Todd Sarouhan
On continue d’ajouter du contenu, mois après mois, et là, gros projet imminent : une cartographie personnalisée, sur la plupart des pages, basée sur Esri Maps (le socle de Google Maps), avec des calques (pour les hôtels par ex.) manipulables en temps réel sans rechargement. On va ajouter hôtels, brasseries, plages, sites touristiques et tous les points d’intérêt pour géolocaliser l’utilisateur sur la carte. Google Maps est ultra-fonctionnel mais hors de prix pour de gros sites, donc on crée le nôtre. J’ai hâte de le mettre en place.
Ben Aston
Et sur la stratégie de lancement : tu as préféré amorcer avec une base de contenu massive plutôt qu’en mode incrémental. Pourquoi ce choix stratégique ? Que s’est-il passé le jour du lancement ?
Todd Sarouhan
Beaucoup en parlent. Notre site n’est pas un blog : le contenu n’est pas publié chronologiquement mais articulé autour des quartiers (47 à San Diego), des plages (environ 75), etc. On ne pouvait pas se permettre un lancement avec seulement la moitié du contenu, ça reviendrait à acheter un guide de voyage dont la moitié des pages sont blanches. On devait au moins couvrir tous les grands ensembles (quartiers, plages, choses à faire, hôtels). On avait 180 hôtels au lancement, 230 aujourd’hui, et d’autres articles à venir. Il nous fallait cette base essentielle dès le lancement.
Ben Aston
Et côté acquisition et fidélisation des utilisateurs ? Combines-tu réseaux sociaux, liste e-mail, publicités payantes pour le lancement, afin de générer du trafic, d’être indexé, de trouver et fidéliser ton audience ?
Todd Sarouhan
On est bien sûr présent sur les réseaux sociaux, et nous lançons actuellement une grosse opération sur YouTube (4-5 vidéos par semaine), ainsi qu’Instagram et Facebook, avec l’accent sur YouTube et Instagram. Pour Costa Rica, le site était déjà très référent et on a pu faire des liens vers le nouveau site, mais rien n’est immédiat. On fait du paid ads pour donner l’impulsion initiale, mais c’est parfois frustrant car on voudrait avancer vite, mais il faut apprendre à marcher avant de courir.
Ben Aston
Après ce lancement, la fréquentation correspond-elle à tes attentes ou pas ? Comment cela évolue ?
Todd Sarouhan
Je n’avais pas d’attente claire — je n’avais pas lancé de site depuis 18 ans, et le contexte a bien changé. La progression est plus lente qu’espéré mais ça vient. On ranque en premier sur certains mots-clés, particulièrement sur les plages. Il s’agit de travailler l’autorité thématique (à nouveau, MarketMuse nous guide bien là-dessus) — je suis confiant pour l’avenir.
Ben Aston
Tu as parlé un peu de la roadmap (cartes, réseaux sociaux, vidéo) : alors, en regardant ton parcours, qu’essaies-tu d’améliorer comme propriétaire et opérateur de site ? Sur quoi veux-tu progresser dans les années à venir ?
Todd Sarouhan
Il m’a fallu 18 ans pour lancer le deuxième site, je veux que le 3e soit lancé en un an ou deux. Je veux créer un portefeuille de sites sur des destinations que j’aime. Il faut la passion — impossible de lancer un site sur une destination qu’on ne connaît pas. Je compte lancer un nouveau site dans l’année ou les deux ans à venir. On sera plus efficaces au fil du temps, on réduira le temps de lancement à un an, voire 10 mois… Je suis passionné donc c’est un vrai plaisir de travailler sur ce que j’aime.
Ben Aston
Oui.
Todd Sarouhan
C’est super.
Ben Aston
Mais quels sont les aspects les plus difficiles, les moins stimulants de ce métier ? Tu as l’air passionné par la construction et la technologie, mais quel est le côté le plus challengeant ?
Todd Sarouhan
Travailler avec une petite équipe, c’est génial, mais il faut encadrer les membres. Je ne suis pas mauvais en management, mais j’ai du mal à déléguer certaines tâches pour aller plus vite. J’essaie d’apprendre à lâcher prise sur certains sujets.
Ben Aston
D’accord.
Todd Sarouhan
Trouver les bonnes tâches à déléguer.
Ben Aston
On va finir avec un petit « Lightning round » : quelle habitude personnelle t’a le plus aidé à réussir au long des deux dernières décennies ?
Todd Sarouhan
Rester concentré est essentiel, surtout en télétravail. J’adore surfer, c’est mon moment de zénitude, ça m’aide à garder le cap.
Ben Aston
Peux-tu partager un outil ou une ressource internet que tu utilises régulièrement et que tu adores ?
Todd Sarouhan
J’ai déjà cité MarketMuse — c’est l’un des nouveaux outils que j’ai adoptés ces 18 derniers mois et il me plaît vraiment. Plus on l’explore, plus il est utile, je le recommande vivement.
Ben Aston
Quel livre as-tu lu récemment que tu recommanderais ou qui t’a vraiment influencé dans ta façon d’aborder le business ?
Todd Sarouhan
Je lis beaucoup d’essais ou de livres business, j’en ai même trop que je commence mais ne finis pas. Un livre m’a marqué — distribué lors d’une conférence sur la recherche — je l’ai ouvert deux mois plus tard. Son titre : « Making Websites Win ». Il traite de l’ergonomie web, c’est super. Je l’ai lu à 80% (ce qui est beaucoup pour moi) et il contient plein d’approches concrètes pour tester et designer l’expérience utilisateur. C’est geek mais génial.
Ben Aston
Et pour quelqu’un qui débute dans les médias numériques et souhaite lancer son premier site, quel conseil donnerais-tu ?
Todd Sarouhan
Pour moi, c’est la passion qui fait la différence — si on ne s’intéresse pas vraiment au sujet, on ne tient pas sur la durée, face aux hauts et bas inévitables de l’entrepreneuriat. Il faut donc choisir un sujet qu’on aime réellement, cela aide à traverser les périodes difficiles.
Ben Aston
Merci Todd.
Où peut-on te retrouver ou suivre tes projets ?
Todd Sarouhan
Allez sur Go Visit San Diego ou Go Visit Costa Rica, il y a un formulaire de contact sur les deux sites, ou bien retrouvez-moi sur LinkedIn. Je réponds avec plaisir si quelqu’un veut me contacter, n’hésitez pas par le formulaire ou LinkedIn !
Ben Aston
Merci beaucoup Todd, c’était un vrai plaisir de t’avoir avec nous.
Todd Sarouhan
Merci beaucoup, c’était génial.
Ben Aston
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